| Histoire du 15ème arrondissement L'histoire sociale, urbaine et architecturale du 15ème arrondissement révèle un lieu à la fois fascinant et insaisissable. Territoire de nombreuses entreprises aux activités diverses, longtemps rurales puis industrielles, le 15ème arrondissement, dont la vaste plaine au sud-ouest de la capitale représente près d'un quart du parcellaire constructible, s'est éveillé et épanoui au grés de profondes mutations du tissu urbain, notamment après la seconde guerre mondiale. Offrant un étonnant foisonnement de constructions où tous les genres et les styles architecturaux se côtoient et cohabitent sans effets, les lieux révèlent un site complexe, aux multiples facettes, et donnent à l’arrondissement une allure caractéristique. Les origines
Rejeté hors de la capitale lors de la construction du mur des fermiers généraux, l'émergence du 15ème arrondissement remonte à l'annexion à Paris par le Baron Haussmann en 1860 des communes de Vaugirard et de Grenelle que se partageaient l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et celle de Sainte-Geneviève-du-Mont. Cette annexion inaugure une nouvelle ère, d'un dynamisme fulgurant pour le territoire. L'origine de son développement demeure cependant intimement liée à l'évolution de ses deux premiers villages depuis leur création. Au XIII° siècle, le 15ème arrondissement n'est encore qu'une vaste plaine fertile occupée par deux villages indépendants, Vaugirard et Grenelle, où les champs et vignes s'étendent à perte de vue . Tandis que Vaugirard, ce bourg de campagne, est habité dès l'origine par quelques communauté chrétiennes, développant un petit village paisible (situé entre les actuelles rues Fourcade et Dombasle), le village de grenelle, qui s'étend de la rue Lecourbe à la rue Dupleix, est consacrée aux labours, aux garennes et aux remises de chasses princières. La population (au nombre de 350 au XV° siècle) est essentiellement constitué de cultivateurs, vignerons , artisans, tenanciers de guinguettes et ouvriers exploitant les carrières de pierres situées à la limite des territoires de Vaugirard et de Montrouge (qui serviront au XVI° siècle à la construction du palais des Tuileries).
L'époque moderne
A la fin du règne de Louis XIII, vers le milieu du XVII° siècle, Vaugirard voit la multiplication de congrégations religieuses sur son territoire :
- l'établissement de la compagnie de Saint-Sulpice, au 354 rue de Vaugirard, sous l'impulsion du futur curé de Saint-Sulpice, Monseigneur Olier ; - l'installation en 1661 des Théatins, que Mazarin avait fait venir en France, au 389 de la rue Vaugirard ; - l'aménagement du noviciat de l'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes dans la rue de Vaugirard , à l'angle de la rue Copeaux ; - le séminaire des Trente-trois se fixant du 373 au 377 bis, rue de Vaugirard.
A la même époque se développent les résidences des seigneurs. L'une des principales est le domaine de la Seigneurie laïque, le long de la Grand-Rue, située entre les rues Dombasle et Eugène-Gibiez. Ses jardins s'étendaient de la rue Olivier-de-Serres au chemin du Moulin (actuelle rue Dantzig). Ce domaine, dont l'origine remonte au XV° siècle, était la demeure des seigneurs-patrons de Vaugirard dont Simon de Bucy fut le premier en date. Par la suite, la seigneurie appartint au familles Cartier, Montholon, Mareschal et Aragan. Entre la rue Saint-Lambert et la rue Lecourbe, le marquis de Feuquière possède une vaste propriété qui se terminait par une très haute terrasse formant une demi lune saillante. Plusieurs grandes demeures agrémentent également le paysage : le châteaux Frileux, occupant l'espace entre les rues Lecourbe et Blomet ; la Folie, distincte du château, à l'angle de la rue Lecourbe et de la rue de Cambronne, riche maison de campagne, avec des jardins qui s'épanouissaient jusqu'à la rue Miollis;le Château dit " des Deux-girouettes ", au coin des rues Lecourbe et de la Convention, appartement à madame de Saint-Prix, protégée du prince de Condé, qui y tenait une sorte de cour. Ici, les libertins du siècles des Lumières côtoyaient les cultivateurs, vignerons et artisans.
Le début du XVIII° siècle marque la suprématie de la seigneurie de Sainte-Geneviève avec la ferme et le château de grenelle, isolés au milieu de la plaine, cédés par les religieux en 1751 à l'école royale militaire nouvellement créée par Louis XV. La frontière établie aux alentours de 1785 par le fameux Mur des Fermier Généraux (boulevards de Grenelle, Garibaldi et Pasteur), construit par l'architecte Claude-Nicolas Ledoux, tout autour de la capitale pour éviter l'entrée en fraude de marchandises soumises au droit d'octroi, modifie considérablement la physionomie des deux villages. Huit portes ouvertes sur le mur viennent agrémenter leurs pavillons le paysage des communes de Vaugirard et de Grenelle :les barrière du Maine, des Fourneaux, de Vaugirard, de Sèvres, des paillassons, de l'école militaire -ou de Grenelle- , des ministres et de la Cunette.
En 1793 Saint-Lambert fut le théâtre des mascarades à la déesse Raison, puis à l'Etre Suprême; plus grave, l'explosion en 1794 de la poudrière de Grenelle détruisit le château et fit plus de 1000 victimes. En 1796, la Conjuration du Camp de Grenelle par Gracchus Babeuf contre le Directoire fut réprimée dans le sang; la guillotine installée dans la plaine de Grenelle fonctionna activement jusqu'en 1815. La Commune agita ensuite l'arrondissement avec la participation des Gardes nationaux de Vaugirard (qui furent massacrés).
Le 19ème siècle
Sous la restauration, un capitaliste ambitieux s'insinue dans le devenir de l’arrondissement. En 1823, Léonard Violet, homme politique (conseiller municipale de Vaugirard) et entrepreneur, décide d'acquérir de vastes terrains (près de 105 hectares) dans la plaine de grenelle afin de la lotir et de la transformer en un quartier (nommé " Beaugrenelle " par son fondateur puis rebaptisé plus modestement de son nom d'origine) à vocation industrielle, commerciale et résidentielle.
Cette opération d'une ampleur exceptionnelle, concernant le périmètre compris entre la seine et la rue de la croix-nivert, jusqu'à l'enceinte des fermiers généraux, est un exemple du développement particulier et autonome d'un quartier dans la capitale. Violet avait justement évalué l'intérêt de la proche périphérie de paris : terrains peu coûteux à l'achat, pas ou peu d'impôts fonciers ni d'octroi sur les matériaux de construction, et surtout pas de règles d'urbanisme contraignantes. Il ne s'agissait pas moins que de créer une nouvelle petite ville avec ses places, industries, commerces, et rues. Organisées en réseau global, ces dernières dessinent un parcellaire unique en son genre, le plus vaste de Paris. Les façades des maisons et des immeubles de rapport furent réalisées en pierre de taille et ornées de motifs sculptés, de bandeaux et de corniches, à même de séduire la population bourgeoise que l'on souhaitait attirer. L'ensemble sera complété par la construction d'une nouvelle église, Saint jean Baptiste, en 1825, du pont de grenelle en 1826, par l'aménagement d'un port sur la Seine pour le trafic par voie d'eau et d'une gare fluviale destinées a entreposer les marchandises, ainsi que la réalisation du théâtre de grenelle en 1829. Apres un démarrage rapide, l'urbanisation de léonard violet ralentit, stagne puis se paralyse. En 1846, la plupart des parcelles attendent preneur. La crise de Beaugrenelle a une cause évidente : l'apparition, à quelques centaines de mètres, de l'industrie dès 1830, telle que les usines Cail. Ouverte aux chefs d'entreprises et à leurs ouvriers, au progrès et a ses mutations, grenelle " l'industrielle " est incompatible avec " Beaugrenelle " dont les rentiers dignes et calmes fuient le bruit et la pollution. De son côté, la commune de Vaugirard atteignait les 6500 habitant en 1825. Un hameau entier se créait sur l'initiative de M.Desrues, à l'endroit qui allait devenir précisément la rue du Hameau. Dès 1839, des lignes omnibus reliaient Paris et Vaugirard. Le percement de nouvelles rues , l'installation des bornes-fontaines, la construction d'une importante usine à gaz en 1835 et l'établissement de la première gare de Montparnasse, inaugurée en 1840, permirent a la commune de Vaugirard de répondre aux besoins d'une population plus exigeante et plus nombreuse, tout en gardant son caractère rural.
Le XIX° ébauche, ainsi, les premiers jalons d'une ville. Dans un soucis d'appliquer à la périphérie les principes qu'Haussmann met en vigueur au cœur de la capitale, des opérations d'urbanisme sont proposées par la préfecture de paris. S'ensuit une période de grands chantiers : - les abattoirs de Vaugirard et l'hôpital Boucicaut en 1887 ; - l'Institut Pasteur en 1888, concourant à développer santé publique et recherche médicale dans le 15ème arrondissement; - le lycée Buffon en 1889 ; - le pont Mirabeau en 1893. La fin du XIX° siècle voit se dérouler sur le champs de mars quatre expositions universelles, où le monde entier défile aux portes de l’arrondissement. Leur ampleur et leur proximité marquent si profondément le 15ème arrondissement que son profil, a l'aube du XX° siècle, devient moins industriel et plus culturel.
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Front de Seine - 1970 Le 15ème de 1900 à 1975 en photos
Créée en juillet 2005 pour préserver les collections de l’agence d’archives photographiques Roger-Viollet, la Parisienne de Photographie, s’est vue confier, en 2006, la numérisation et la diffusion du patrimoine photographique et iconographique de la ville de Paris.
La parisienne de Photographie offre un accès libre et gratuit (dans le cadre d’une utilisation privée) à quelque 25 000 clichés des collections dont environ 200 clichés concernant des artères, bâtiments, monuments et événements relatifs au 15ème arrondissement.
Accédez aux photos du 15ème de 1900 à 1975
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Grenelle et Vaugirard
Basse plaine inondable, dépendant de Vanves, territoire de chasse et de cultures maraîchères que rien ne distingua jusqu'au XVIIIème siècle où le château et la ferme de Grenelle furent absorbés par l'Ecole Militaire; industrialisé dès le début du XIXème, Grenelle prit la première place dans l'économie régionale et dans la rénovation contemporaine. Vaugirard apparaît au XIIIème avec les Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés qui défrichèrent et y apportèrent la prospérité; devenu paroisse en 1342, il resta un village paisible jusqu'à la Révolution, consacré au maraîchage et aux carrières (pierre, sable et glaisière avec la célèbre "terre de Vaugirard"). En 1790, les citoyens de Vaugirard furent les premiers parisiens à élire (spontanément) une municipalité. |
 La rue de la Convention lors de la crue de 1910 Le bal nègre
En 1924, un candidat antillais à la députation, du nom de Jean Rézard des Wouves, installa son quartier général dans l'arrière-salle d'un café-tabac situé au 33 rue Blomet et qui était une ancienne ferme-grange au XVIIIe siècle. Peu à peu, ses meetings se transformèrent en réunions dansantes qui devinrent permanentes, même après les élections, et donnèrent naissance au "bal Colonial" ou "Bal Nègre".
Repris par le violoniste-clarinettiste martiniquais Ernest Léardée à la tête d'un petit orchestre noir, ce bal devint un lieu haut en couleur, fréquenté par le Tout-Montparnasse et même le Tout-Paris ( Robert Desnos fut le tout premier, suivi par le peintre japonais Foujita, Josephine Baker, Kiki de Montparnasse...). La guerre interrompit les activités de ce bal, qui les reprit entre 1945 et 1962 avec d'autres orchestres. Resté simple café jusqu'en 1989, cet établissement devint alors un club de jazz/blues, sous le nom de Saint-Louis Blues, puis un bal sud-américain en 2000. |
Des blockhaus dans le 15ème
Lors de la seconde guerre mondiale, 24 forteresses de bétons ont été édifiées par les troupes allemandes dans la capitale.
Le 16ème arrondissement était le plus pourvu, avec 14 bunkers au total. Suivait le 15ème arrondissement avec 3 bunkers édifiés : 242, rue Lecourbe 3, boulevard Victor Dans le parc des Expositions. |
Charles de Gaulle, élève dans le 15ème
Au XVIIe siècle, des communautés religieuses, notamment les théatins et les sulpiciens, s'installent rue de Vaugirard, à la hauteur du n° 389. En 1829, l'abbé Poiloup achète l'ancien domaine des Sulpiciens, chassés à la Révolution, afin d'y installer une annexe de son collège parisien de la rue du Regard. Vingt ans plus tard, il vend sa propriété aux Jésuites qui agrandissent les locaux de ce " collège de l'Immaculée Conception " et construisent en fond de parcelle un " petit collège " séparé du bâtiment principal. Ce petit collège reçut Charles de Gaulle parmi ses élèves vers 1900. Durant la première guerre mondiale, la congrégation des Jésuites donne à bail à l'administration de la guerre, l'ensemble de la rue de Vaugirard, qui devient alors l'hôpital franco-brésilien. Le Brésil offre le concours de chirurgiens brésiliens et du matériel chirurgical pour soigner les blessés. L'Etat acquiert définitivement les bâtiments en 1920 pour en faire un institut d'hygiène dépendant de l'université de Paris - Faculté de Médecine. Mis à la disposition de l'Assistance publique, celle-ci y installe une clinique thérapeutique chirurgicale. Dans les années 1980, les activités de chirurgie sont transférées à Laënnec et l'hôpital est transformé en 1986 en centre de moyen et long séjour. L'AP acquiert cette fois les terrains et édifie entre 1989 et 1991 un nouvel hôpital à vocation gérontologique à l'emplacement du bâtiment du petit collège. Le reste de la parcelle est aménagé en jardin ouvert sur la rue de Vaugirard et sur la rue Vaugelas et mis, depuis 1995, à la disposition de la Ville de Paris.
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La Gare Montparnasse en 1965 Découverte de l'eau de Javel
Découverte par le chimiste français Claude Louis Berthollet (1748-1822) à la fin du 18e siècle, l’eau de Javel tire son nom du village de Javel où elle fut fabriquée pour la première fois. Elle fut employée à l’origine pour blanchir le linge. Elle est aujourd’hui utilisée dans le monde entier comme désinfectant et décolorant (son nom est "bleach" en anglais). L’eau de Javel est obtenue à partir de chlore et de soude. C’est un puissant désinfectant.
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